21 décembre 2007
City lights
Comme je suis toujours aussi feignasse que surbookée (que celui-ci qui est parvenu à monter une maison Playmo en moins de 2 heures 30 me jette la première pierre...), je fais remonter un vieux texte que j'aime bien et qui colle au poil avec la date. En même temps, je crois que je peux me permettre, le jour où cette note a été publiée, vous ne fûtes que 72 à la lire voir...
Bon ouais, d'accord, promis, après la Nowel je vous parle de la cuisine...
J'en profite pour vous souhaiter de bonnes fêtes et plein de moments doux, sucrés, salés, chauds, gais, tendres... enfin, bref, soyez heureux quoi.
- - - - - - - - - - - -
Avec l'hiver revenu, je peux à nouveau me livrer à cette distraction un peu coupable qui consiste, au cours de trajets nocturnes*, à regarder par les fenêtres illuminées.
A travers ces rectangles de lumière, les maisons livrent un peu de leur âme et de la vie de leurs habitants. L'imagination fait le reste.
Je me suis amusée à les classer par genre :
Les neuves ou les récemment achetées aux plâtres encore humides qui racontent qu'on a enfin trouvé un endroit où s'enraciner. Qu'importe si dans cinq ans les ampoules pendent encore nues des plafonds, et tant pis si la chambre du petit dernier ne sera terminée que juste avant son entrée en fac. On est chez soi, c'est ce qui compte. D'ailleurs on a même planté un pêcher.
Les maisons aux lampes posées ça et là qui diffusent des halos accueillants. Elles disent qu'on accorde une grande importance au confort et au bien-être des siens. Chaque objet a trouvé sa place, tout est harmonie. Ces maisons nous parlent de chaleur et du bonheur simple d'être ensemble. On aimerait frapper à leur porte et se poser quelques instants près de la cheminée.
Celles dont les propriétaires affichent une relative aisance à coup de meubles et d'aménagements coûteux. Il arrive pourtant qu'ils se trompent. Décidément, le canapé vert bouteille, qu'on a pourtant payé 4539 € ne va pas avec le papier peint bleu. D'ailleurs il ne va avec rien. Le goût ne s'achète pas. Bon sang c'est trop bête.
Les maisons où l'écran de télévision occupe les deux tiers du salon et peut-être aussi un peu trop d'espace dans la vie. Alors, pour faire un peu de place on a remisé la bibliothèque au grenier. De toute façon, les enfants préfèrent s'endormir au son de la télé...
Celles qu'on devine laides. Le néon blafard qui jette ses ombres lugubres sur le formica nous dit qu'on a renoncé depuis longtemps. Que le beau est une option réservée aux autres. A ceux qui ont plus d'argent. Ou moins de soucis. Que comme on ne l'a jamais connue, la douceur ne nous manque pas trop.
Les maisons aux volets clos dès les prémices du soir qui tombe. Elles disent qu'on se protège du froid, de la nuit, peut-être aussi des autres. Elles disent qu'on a un peu peur. De la nuit. Peut-être aussi des autres.
Celles pas éclairées. Elles racontent que les habitants rentreront tard du travail, ou qu'ils dîneront ailleurs. Parfois elles disent aussi qu'il n'est que 21 heures et qu'on est déjà au lit. Qu'on est pas fâché que cette trop longue journée de solitude s'achève enfin. Elles sont sinistres les maisons privées de lumière.
La nuit, les fenêtres me racontent des histoires dont les personnages, à l'inverse de ceux des contes , sont bien réels. C'est vous, c'est moi, ce sont ceux que je croise dans la journée et dont je ne connais que ce qu'ils me permettent d'entrevoir. Aussi je me demande ce que laissent deviner les fenêtres de la vilaine maison aux persiennes jamais baissées ?
15 décembre 2007
Not connected...
...enfin si ma connexion se porte bien (avec Wana (pou pou pi) doo, never any problem). Mais je suis infoutue de réactiver mon antivirus après renouvellement de mon abonnement. Et donc je joue la prudence et me connecte de façon très épisodique en essayant de passer à travers le feu nourri de Trojan et autres saletés de virus qui en veulent à la santé de mon pauvre PC.
Norton, j'aurais ta peau... saloperie.
Pendant ce temps la cuisine avance... (ça c'est du teasing de la mort qui signifie, revenez, revenez les gens, il va bien finir par se passer quelque chose sur ce blog).
Edit du dimanche : Wouah, je suis trop forte ! j'ai réussi à contourner le problème en antidatant le système. Je suis à nouveau protégée contre les méchants virus qui voulaient piquer les informations de ma carte bleue.
Bon ben c'est pas tout ça mais maintenant il va falloir que je fasse une note sur la cuisine...
PS : en attendant, vous pouvez quand même écouter la chanson et même danser comme une andouille face à votre PC. Y a pas de mal.
02 décembre 2007
Retour à Walnut Grove
C’est dimanche matin. Rien n'est urgent, rien ne presse dans la vilaine maison. Caroline s’adonne à quelques tâches ménagères. Et tandis qu’elle repasse caleçons longs et sarraus fleuris, Carie colorie paisiblement quelques illustrations de Dora l’exploratrice*.
Charles avait l’intention de tailler les rosiers aujourd'hui, car comme lui faisait remarquer justement Caroline, il n’y a aucune raison pour que des rosiers non grimpants atteignent une hauteur de 3 mètres. «Ratiboise Charles, ratiboise, sinon je les benne». Comme il n’a pas retrouvé le sécateur, il préfère ramasser les feuilles mortes (au râteau hein parce que, tiens, essaie de ramasser des feuilles mortes à la pelle...). D’ailleurs il préférerait n’importe quoi qui lui permette d’échapper à la corvée d’aspirateur…
Caroline écoute quelques folk-songs qui lui rappellent sa folle jeunesse. Elle couve Carie d’un regard tendre et admiratif, tandis que la petite fille fredonne «Hallelujah» en même temps que Léonard Cohen. «Quelle culture ! pense-t-elle, non mais quelle culture ! Vraiment cette Mademoiselle Bidle… quelle pédagogue.». C’est alors que Carie s’exclame «Han maman, c’est dans Shrek, c’est la chanson de Shrek !».
Caroline s'aperçoit qu'il est temps de préparer le bain de Carie. Elle remplit patiemment un baquet d'eau qu'elle a fait chauffer sur la cuisinière : oui parce que par un étrange mystère non encore élucidé, cette saloperie de chauffe-eau ne produit que de l'eau à 30° ce matin. Ceci dit, cette panne tombe à point nommé puisque Caroline n'avait pas encore exprimé de souhait particulier pour son petit Noël. Alors dans son sabot de bois, elle trouvera peut-être un cumulus de 200 litres paré de boules et de guirlandes... La vie est bien faite, pense-t-elle, les yeux dans le vague, pour le prix d'un sac Darel (ou de quatre chaises Thonet... au hasard) on peut s'offrir un magnifique chauffe-eau flambant neuf.
Vraiment, pourquoi se plaindre ?
*Tous les anachronismes sont totalement dépendants de ma volonté.



